Journée des gens de mer : honorer 1,5 million de marins du monde entier

Si vous êtes près du port le 25 juin à midi, vous entendrez peut-être du bruit. Les navires feront retentir leurs sirènes pour souligner le Journée des gens de mer, ainsi nommée par l’Organisation maritime internationale, un organisme des Nations Unies chargé d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes, ainsi que leurs aspects environnementaux.

Des hommes et des femmes de toutes nationalités, ou presque, représentent 1,5 million de gens de mer en activité sur le marché mondial. À bord des navires, on trouve notamment des matelots de pont, des cuisiniers, des techniciens, des officiers mécaniciens de marine et des officiers de navigation ou de pont – possédant tous des compétences spécialisées propres à leurs fonctions. Ensemble, ils sont chargés de transporter plus de 90 % des marchandises mondiales. Selon certaines estimations, plus de 10 milliards de tonnes de fret sont transportées par voie maritime chaque année, soit plus de 15 billions de dollars des États-Unis. On déplace tout type de produits de cette manière, des biens de consommation au pétrole.

Les gens de mer vivent et travaillent dans un environnement éloigné, parfois dangereux, pour faire en sorte que le commerce mondial ne soit pas interrompu. Ils font partie de ces groupes de travailleurs moins visibles grâce auxquels nous pouvons profiter de notre niveau de vie élevé. Généralement, ils signent des contrats pour travailler à bord pendant trois à quatre mois, après quoi ils peuvent rentrer chez eux pour une courte période de repos. Mais nombreux sont ceux qui possèdent des contrats beaucoup plus longs, le maximum autorisé étant de 12 mois. Malheureusement, la pandémie a forcé des dizaines de milliers de marins à rester à bord bien au-delà de cette période. À un moment de la pandémie, on estimait à plus de 400 000 le nombre de gens de mer bloqués sur leur navire depuis plus d’un an. En général, ils ne pouvaient le quitter, sauf en cas d’urgence médicale. Ce nombre baisse progressivement, mais ces personnes ont du mal à obtenir le vaccin contre la COVID-19, ce qui devient de plus en plus inquiétant. Cela peut être le résultat de pénuries dans leur pays d’origine, ou de la trop courte durée de leur séjour chez eux après la période d’isolement.

À Port Saint John, les gens de mer arrivent sur un grand nombre de navires différents. De la potasse et des déchets métalliques sont exportés par vraquiers depuis les installations portuaires. Des produits de qualité alimentaire (poisson, mélasse) sont importés au port sur des navires-citernes spécialisés. L’importation et l’exportation de marchandises conteneurisées vers et depuis les installations portuaires se font par porte-conteneurs spécialisés. D’autres types de marchandises générales sont importées et exportées sur des navires polyvalents. Le port comprend également des installations privées qui importent des marchandises comme du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié, et exportent du pétrole raffiné. Tous ces produits sont transportés par navires-citernes spécialisés.

Pour mettre les choses en contexte, en 2020, 26 millions de tonnes de marchandises sont passées par Port Saint John. Leur transport a nécessité 805 navires. Sachant qu’il faut en moyenne 24 marins pour exploiter un navire, 19 000 marins ont visité le port l’an dernier. Ce chiffre ne tient pas compte des milliers de gens de mer qui travaillent sur les nombreux paquebots de croisière qui font escale à Saint John.

Outre les marins principalement d’origine étrangère qui visitent notre port, un grand nombre d’hommes et de femmes de notre région travaillent sur l’eau au quotidien pour garantir notre fonctionnement. Ils sont employés sur des remorqueurs, des bateaux-pilotes et d’autres navires de service requis pour faciliter le mouvement des navires dans le port.

En raison de l’éloignement imposé par leur travail, les gens de mer peuvent parfois avoir besoin de soutien. Divers organismes œuvrent en faveur du bien-être des marins dans le monde entier, et notre port a l’immense chance d’en posséder un : Saint John Seafarers Mission. Cette organisation caritative a pour mandat premier d’aider les gens de mer qui s’arrêtent à Saint John. Ses services sont assez variés, mais l’un des principaux objectifs est de faire en sorte que ces personnes se sentent chez elles. Qu’elles aient simplement besoin d’un lieu pour sortir de la routine à bord des navires (en dehors des périodes de pandémie) ou d’un endroit sûr pour appeler chez elles, ou encore de soutien si elles ont des problèmes personnels, Saint John Seafarers Mission est une ressource particulièrement nécessaire et précieuse. Si vous souhaitez exprimer votre reconnaissance, cette organisation utile est toujours à la recherche de bénévoles et accepte les dons.

En cette Journée des gens de mer, veuillez prendre un moment pour remercier ces hommes et ces femmes pour l’important travail qu’ils accomplissent.

Capitaine Chris Hall

Le capitaine Chris Hall est vice-président, Opérations et Capitainerie à Port Saint John. Il assume actuellement les fonctions de président de The Company of Master Mariners of Canada, de membre du conseil d’administration de l’International Harbour Masters Association, et de vice-président de Saint John Seafarers Mission