Notre port bien portant

Un groupe de chercheurs de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB)/de l’Institut canadien des rivières (Allen Curry, Heather Hunt et Karen Kidd) a mené à bien une étude de trois ans[1] sur le port de Saint John, étude dont les résultats se sont avérés très positifs.

Cette étude a essentiellement été réalisée en vue de mettre au point un processus de surveillance environnementale à long terme de l’ensemble du port, et de recueillir des données utiles aux fins d’établissement d’une base de référence à laquelle les futures constatations pourraient être comparées.

Ce processus et cette base de référence sont des outils qui permettront aux intervenants d’assurer la santé et la protection de toutes les espèces qui vivent dans le porSaint John Harbourt de Saint John, et constitueront une référence pour d’autres ports du Canada et du monde entier. Grâce à cette base globale de données, il sera possible de s’assurer que tous les ports sont gérés dans le respect des normes environnementales les plus élevées.

Deux projets étaient menés dans le cadre de cette étude.

Le projet 1 a donné lieu à l’élaboration d’une méthode de surveillance des polluants présents dans les sédiments du plancher du port. La méthode utilisée par les chercheurs est simple et élégante : ils ont choisi deux « espèces sentinelles » à observer.

Une espèce sentinelle est une créature qui est sensible aux perturbations de son habitat, et notamment à la présence de polluants. Ces espèces peuvent fournir des indications utiles sur la salubrité de l’environnement de la région dans laquelle elles vivent.

Les espèces sentinelles sélectionnées par les chercheurs pour notre port sont le bivalve Nucula proxima (nucule de l’Atlantique) et l’annélide polychète (Nepthys incisa).

Au cours de l’étude (de 2012 à 2015), les chercheurs ont assuré un suivi de la taille des individus et des populations de ces espèces. Ils ont comparé leurs résultats aux données recueilles dans d’autres ports, et ont alors découvert que ces deux espèces se reproduisaient et se développaient bien dans notre port – ce qui est une excellente nouvelle.

Les renseignements recueillis pour les besoins de ce projet serviront de base de référence aux fins de comparaison dans les années à venir, et nous permettront ainsi d’évaluer l’évolution à long terme de ces espèces et de surveiller les polluants en continu.

Le projet 2 a donné lieu à l’élaboration d’une méthode de surveillance de la diversité et de la taille des populations de diverses espèces présentes dans le port : l’ichthyoplankton, les communautés de poissons, les crevettes de sable et les moules en cage.

Nous avons été particulièrement ravis d’apprendre que, bien que le port soit un site industriel depuis plus de deux siècles, il demeure un site de nourricerie pour une vaste gamme de poissons.

Les chercheurs ont relevé 26 espèces de poissons, dont 5 qui n’avaient jamais été répertoriées!

En collaboration avec Port Saint John, les chercheurs ont suivi un processus d’échantillonnage reposant sur le principe de capture-remise à l’eau, dans les secteurs dragués et non dragués du port, processus dans le cadre duquel ils ont comptabilisé le nombre d’espèces et la quantité de poissons capturés dans chaque échantillon.

Il s’est avéré que la richesse et l’abondance des espèces étaient légèrement supérieures dans les secteurs non dragués, mais les analyses statistiques n’indiquaient aucune différence significative entre les deux types de sites, ce qui indique que notre port est dragué de façon responsable, et que les travaux de dragage n’ont pas de répercussions importantes sur les espèces qui y vivent.

L’équipe de recherche de l’UNB peaufine actuellement ses recommandations de surveillance à long terme pour l’évaluation des effets des facteurs de stress environnemental actuels et futurs.

Nous sommes heureux de disposer d’un plan et d’avoir de si bonnes nouvelles à annoncer à la suite de cette étude. Nous nous réjouissons à l’idée de continuer à assurer le développement responsable de notre port, et de contribuer ainsi à préserver la santé à long terme de son écosystème.

 

[1] Conception d’un programme de surveillance environnementale à long terme pour le port de Saint John. Allen Curry, Heather Hunt, Karen Kidd – Université du Nouveau-Brunswick.

 

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